DE LA VIGNE ET DU VIN: l'histoire d'une appellation

     Saint-Nazaire-de-Ladarez est l'une des 20 communes du terroir viticole labellisé AOC Saint-Chinian.

    Le point de départ que nous prendrons ici est la fondation en 1945 du Syndicat des Coteaux de l'Orb et du Vernazobre qui deviendra en 1951 l'appellation VDQS (Vins de Qualité Supérieure) du Saint-Chinian.

 

 

  C'est Jules Milhaud maire de Causses-et-Veyran qui en 1945 fonde et préside le  Syndicat des Coteaux de l'Orb et du Vernazobre.



   

     A partir de la seconde moitié du XX° siècle la région va connaitre des périodes de surproduction liées notamment à la baisse de la consommation. Il s'agit alors de réorienter la production vers un objectif qualitatif plutôt que quantitatif. Pouvoir vendre les vins en maintenant un certain revenu pour les viticulteurs. 

    Cette initiative débute alors que trois communes voisines, dont celle de Causses-et-Veyran ont pour maires trois militants  de la SFIO (Section Française de l'Internationale Ouvrière) qui vont pratiquer le socialisme viticole, dans cette région de monoculture du vin où le vignoble est tout ou presque.

 

 

  Il s'agit de Madeleine Laissac, maire de  Saint-Nazaire-de-Ladarez à partir de 1947,



 

 

 

et Raoul Bayou conseiller municipal de Cessenon-Sur-Orb en 1945, puis maire en 1947.





20 Communes réunies dans l'Appellation AOC

 Saint-Chinian:




  1. ASSIGNAN
  2. BABEAU-BOULDOU
  3. BERLOU
  4. CAUSSE-ET-VEYRAN
  5. CAZEDARNES
  6. CEBAZAN
  7. CESSENON-SUR-ORB
  8. CREISSAN
  9. CRUZY
  10. FERRIERE-POUSSAROUS
  11. MURVIEL-LES-BEZIERS
  12. PIERRERUE
  13. PRADES-SUR-VERNAZOBRES
  14. PUISSERGUIER
  15. QUARANTE
  16. ROQUEBRUN
  17. SAINT-CHINIAN
  18. SAINT-NAZAIRE-DE-LADAREZ
  19. VIEUSSAN
  20. VILLESPASSANS

    

Le nom de Saint-Chinian : au cœur de l’Appellation


L’Appellation réunit 20 communes, pourquoi avoir choisi le nom de Saint-Chinian pour la représenter ? L’avancée de nos recherches nous permet simplement d’émettre une hypothèse.


Les maires à l’initiative de cette création auraient choisit la commune sur laquelle la culture de la vigne serait la plus ancienne.

En effet elle remonterait au IX° siècle. Elle était pratiquée par des moines bénédictins de l’Abbaye royale de Saint-Anian (en occitan), qui donne plus tard Saint-Chinian, installée dans la vallée du Vernazoubres (aujourd’hui Vernazobres).


Ce qui conforte notre hypothèse est le nom initial donné à l’appellation créée en 1945 : Le Syndicat des coteaux de l’Orb et du Vernazobres, qui devient plus tard Appellation Saint-Chinian.


Nous nous appuierons ici sur l’ouvrage de L’Abbé A. Delouvrier, curé de Paulhan, intitulé Histoire de Saint-Chinian-De-La-Corne, et de ses environs (Hérault), publié en 1896.


Au Moyen-Age cette région est recouverte de forêts : « Le vallon s’embellit et la ville [celle de Saint-Chinian] se développa, dans le IX° siècle, sous la direction de l’abbaye royale de Saint-Anian ».

C’est la période des grands défrichements qui vont permettre la mise en culture de nouvelles terres : « le bénédictin [le moine] agriculteur s’armait de la cognée pour abattre de vastes forêts et livrer à la culture des terres vierges encore. Il bâtissait ensuite au milieu des campagnes de grands monastères qui étaient comme le modèle et le berceau de la vie laborieuse des champs ».


Deux monastères précèdent la création de l’abbaye de Saint-Anian attestée en 826. Le monastère de Saint-Laurent, un martyr, et celui de Saint-Anian un confesseur. Vers 900 ils reconnurent un seul et même Abbé, confortant ainsi l’importance de l’abbaye de Saint-Chinian.


L’activité économique des moines bénédictins de Saint-Chinian est multiple, et celle de la vigne en fait partie. La prospérité de l’Abbaye et sa réputation ne cessèrent de croître au Moyen-Age.

Les dons affluèrent et les nobles protecteurs de l’Abbaye furent nombreux. Ainsi en 977, Adélaïde de Narbonne, fille de Garsinde comtesse de Toulouse, donna aux moines de Saint-Chinian des biens en héritage : des salins, des « masages » [métairies] et des vignes.


En conclusion, l’ancienneté de la culture de la vigne à Saint-Chinian est bien réelle. Au Moyen-Age on la doit à l’activité des moines bénédictins. La fondation d’une abbaye prospère à Saint-Chinian semble être la seule dans le terroir de l’Appellation AOC.


Nous vous proposons ici une vidéo reprenant cette histoire monastique de Saint-Chinian : Histoire de Saint-Chinian, autour de deux abbayes :

Saint Chinian - Les deux abbayes - Bing video









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